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mardi 14 juin 2011

L"unité impossible de la gauche

La gauchosphère dont je fais fraîchement partie a fait grand bruit il y a quelques semaines en lançant un grand appel pour l'#unité2012, (avec un dièze ça fait tout de suite plus solennel) et les blogueurs de gauche, dans leur grande sagesse avaient encore une fois raison. (Là je fais un peu de lèche pour avoir une chance que les blogueurs de gauche m'acceptent parmi eux.)

Pourtant, pour tout vous dire, je suis vert. Pas un vert "modéré", comme dit l'être Montebourg  (pour ne pas trop faire peur à son très large éléctorat). Je suis pour l'arrêt des OGM, des pesticides, du nucléaire,  du tabac et du PMU (parce que le PMU ça fait trop souffir les chevaux, et surtout, ça détruit des vies).
J'ai donc beau être un ultra-vert, je trouve que les primaires d'EELV sont une mascarade. Parce que d'abord, l'esprit des primaires, comme les avait imaginées Montebourg, c'était de faire une seule primaire pour toute la gauche, avec les Verts, le Front de Gauche, et même Chevènement s'il voulait...
 La menace d'un 21 avril à l'endroit plane toujours sur nos têtes... Alors, franchement, entre nous, à quoi ça sert de présenter un candidat quand on est sûr qu'il ne sera pas élu ? A rien, ou pas grand-chose. Mieux vaut être un peu responsable et, comme le préconise Cohn-Bendit, s'allier dès le premier tour au PS et négocier un max de circonscriptions aux législatives.

Quel argument avance Cécile Dufflot ? "Nous avons des idées, elles sont différentes du PS, c'est donc notre devoir de présenter notre projet aux français dans un pays ou il n'y a que l'élection présidentielle pour exister". Malgré toute l'admiration et le respect et que j'ai pour Cécile Duflot, je trouve que cet argument ne tient pas la route... La règle du jeu démocratique, c'est le rassemblement. S'il fallait présenter  à l'investiture suprême toutes les idées possibles pour qu'elles existent, on ne s'en sortirait pas. Ce qu'a fait EELV, difficilement, et pas complètement malheureusement, c'est de rassembler les écologiste de tous bords. Pourquoi ne pas se rassembler encore un peu plus largement, et venir  rejoindre le temps d'une élection l'union de toute la gauche ? En fait, ce que je crois, c'est que les Verts sont jaloux de leur petit pouvoir, ils ne voulaient pas se dissoudre dans Europe-Ecologie, ils veulent encore moins se dissoudre dans l'union de la gauche.

Et puis avec Nicolas Hulot, sérieux, on ne pouvait vraiment pas tomber plus bas pour représenter les écolos. Ce n'est pas le fait qu'il fasse le gugusse à frange dans son hélico sponsorié Rhône-Poulenc qui me dérange... C'est juste qu'il ne peut pas être président. Une fois élu, qu'est-ce qu'il fera ? Il nommera Yann Arthus-Bertrand comme premier ministre et Jean-Pierre Coffe à l'agriculture ? Moi qui n'ai pas la télé, je n'arrive pas à comprendre la popularité de ce mec... Eva Joly, en revanche c'est une grande dame. Elle pourrait même être présidente que ça ne me dérangerait pas.  Elle aurait dû se présenter  aux primaires...de la gauche

lundi 13 juin 2011

Pourquoi je soutiens Montebourg

Parce que depuis que DSK est devenu un psychopathe présumé, il ne reste plus tellement d'options. Nous, électeurs de gauche, ne pouvons pas nous résoudre à choisir un leader par défaut tel que François Hollande, Martine Aubry, ou, chose que je n'ose pas même envisager, Ségolène Royal.
Sans vouloir exagérer, la situation est grave. Le peuple tente de s'indigner, de se soulever, souffre souvent en silence et finit parfois par se jeter par les fenêtres de France Télécom. La France pâtit de la mondialisation et de la crise économique, mais aussi de son système politique, des structures figées et hiérarchisées de sa société, et d'un gouvernement irresponsable.
Pour espérer gagner en 2012, et surtout améliorer la situation, nous avons besoin d'idées audacieuses et novatrices capables de nous faire rêver à nouveau. Des idées et des rêves, c'est justement le titre que  Montebourg a donné à son livre-programme. Le programme du PS, avec ces quelques rustines, quelques pansements, quelques emplois aidés ne suffira pas.
Montebourg défend plusieurs idées phares, le capitalisme coopératif et la démondialisation, c'est-à-dire la relocalisation de l'économie sous forme de protectionnisme vert. Parce que cela n'a effectivement pas de sens d'importer tous nos biens de consommation courante tout en tentant d'exporter nos vins de Bordeaux et nos sacs Vuitton, tel un pays d'Afrique qui ne produit que du cacao et ne cultive plus de bien de première utilité. Et surtout, cela n'a pas de sens de consommer des fruits pas mûrs produits hors-saison à l'autre bout du globe.
Montebourg défend aussi, depuis longtemps, la sixième république, pour que l'on sorte enfin de ce régime présidentiel que le quinquennat et nos présidents successifs ont rendu insuportable.
Montebourg, a toujours eu de nobles combats, il s'est battu, envers et contre tous, pour remettre en cause la concession de TF1, parce qu'il jugeait inconcevable qu'une entreprise à qui l'on a confié la première fréquence ne pense qu'à vendre du coca-cola. Il s'est battu pour son département sinistré et en faillite, il s'est battu pour mettre en place un système de primaires démocratiques au PS, il s'est battu pour mettre fin aux agissement mafieux de la circonscription des Bouches du Rhône. Peut-être qu'il fit tout cela pour exister, pour faire parler de lui, mais, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce mec a des couilles.

Pour en revenir aux autre candidats potentiels, sans vouloir être trop durs avec eux parce que si jamais ils sont désignés, il faudra bien les soutenir :
Personne n'a oublié que François Hollande était surnommé Flamby, personne n'a oublié l'état dans lequel il a laissé le PS au bout de dix ans à sa tête. En trente ans de vie politique, qu'a-t-on retenu de lui ? Rien.
Sa seule action d'éclat est d'avoir perdu ses 15 kilos en trop. Sa seule qualité : son sens de l'humour, il est sarcastique en meeting devant un public acquis à sa cause, mais devant les caméras, quand il faut convaincre, il est transparent.
Personne n'a oublié comment Marine Aubry est arrivé à la tête du PS : grâce à un compromis entre les éléphant et des tricheries qui seules ont permis de dérober le parti à Ségolène Royal. Elle ne dit rien sur la situation des Bouches du Rhône, elle ne dit rien d'ailleurs sur rien. Comme François Hollande avant elle, elle essaie juste de maintenir l'unité menacée de son parti.
Ségolène Royal n'est pas une mauvaise bougre, mais elle est une oratrice lamentable. Comme le dit le blogueur Jegoun, elle est un épouvantail à électeurs. Elle enfonce des portes ouvertes sur un ton niais et nasillard digne de la plus mauvaise prof d'éducation civique.
Nous avons besoin de sang neuf, d'une nouvelle génération, d'une révolution des pratiques politiques. Pour moi, la candidature de Montebourg s'impose comme une évidence. Et je ne comprends foutrement pas pourquoi elle ne s'impose pas comme une évidence au reste de la gauche.